Entraînement

Vercors


Le Grand Veymont, objectif de la semaine


Ce deuxième entraînement a eu lieu sur le plateau du Vercors entre le 27 Février et le 3 Mars 2008. Il avait pour but essentiel de mettre l'équipe, d'un point de vu technique, dans les mêmes conditions qu'au Spitzberg. Il a ainsi permis d'identifier le matériel manquant ou en trop, de répartir les rôles lors de la mise en place et la levée du camp et surtout de retenir quelques leçons importantes.

Au programme de la semaine, l'approche et l'ascension du Grand Veymont, un sommet similaire au Newtontoppen, au départ de Corrençon en Vercors pour un total de six jours de marche. A noter la présence de Fabien Coudry, notre coéquipier "de secours", qui devait lui aussi subir le même entraînement s'il était amené à remplacer l'un de nous.

Premier jour et premières surprises. Avec un enneigement annoncé de 50cm en bas des pistes de Villard de Lans, nous sommes surpris de l'absence de blanc dans la montée au plateau. Tout a fondu dans la semaine à cause d'un redoux nous dit-on. On nous assure cependant que le haut plateau est largement praticable. Deuxième surprise, malgré une vérification à la location, deux des paires de ski se révèlent inutilisables alors que nous essayons de les régler à nos pieds. Nous louons deux paires de raquettes en remplacement et nous élançons en début d'après midi sur le GR91 en direction du sud vers le 45ème parallèle.

L'enneigement est mauvais mais pratiquable

Premier camp, au soir et au matin


Ca monte...

La nuit tombe, nous posons le camp sur un petit sommet surmontant une clairière et préparons le repas. Nouvelle surprise, la casserole que nous avions prises pour faire fondre l'eau est percée de petits trous (nous l'avions pourtant vérifiée) et éteint le réchaud de façon répétitive. Seule solution, nous penchons légèrement la casserole et l'eau goutte sur les côtés. Au petit matin, nous retrouvons les trois pulkas givrées par une nuit fraîche. Nous levons le camp en quatre heures (c'est un mauvais début!) et attaquons une deuxième journée rendue dure par les montées incessantes. Il fait cependant très beau ce qui nous donne le moral pour tirer les pulkas qui pèsent en moyenne 40kg.
Vers 16h, dans une partie sinueuse et raide du GR, c'est le drame : plus de neige sur une longue portion du chemin et aucun moyen de contournement! Nous voilà donc obligés de déchausser skis et raquettes et de porter les pulkas. Nouvelles galères et voilà une heure de perdue. Afin de rattraper le retard et pouvoir atteindre le grand Veymont le lendemain, nous décidons donc de tirer deux heures dans la nuit à la frontale. Nous posons donc le camp vers 20h après une longue journée!

Deuxième jour, beau mais galère


Montée au pas des chattons


Troisième jour et quelques progrès avec une bonne demi heure de moins pour lever le camp. Aujourd'hui, direction le Grand Veymont. Le ciel se couvre et le mauvais temps annoncé arrive. Il fait cependant assez doux et pour éviter de se faire mouiller par la pluie, nous poussons pour être le plus haut possible à l'heure du déjeuner. La montée au pas des chattons est rude. A mi-chemin, nous faisons une pause pour casser la croûte. Au menu, comme chaque midi, nouilles chinoises, charcuterie et fromage avec du pain de seigle, compote de pomme et tisane bien chaude pour se réhydrater.

Il est quinze heure, nous arrivons à la cabane des Aiguillettes (1880m). Il est trop tard pour s'attaquer au Grand Veymont. En plus, il est bouché et mal enneigé. De la neige humide tombe légèrement et nous choisissons de passer la nuit dans cet abri pour éviter de mouiller toutes les affaires. Pour compléter la journée, Gérard nous apprend plusieurs techniques de mouflage (hissage d'une personne tombée dans une crevasse) qui espérons le, ne nous serviront pas au Spitzberg!

Aussi, afin de s'entraîner aux techniques de bivouac, Alexandre et Nicolas creusent des trous de neige devant la cabane pour y passer la nuit.

La cabane des aiguilettes et le grand Veymont (bouché!)


Trous de neige

Le lendemain, réveil à 4h du matin pour faire l'ascension du Grand Veymond en crampons pendant que la neige est encore dure. Le temps et la visibilité sont cependant trop mauvais et nous restons donc un peu plus au lit. Nous partons dans la matinée après avoir soigné les petits bobos et ampoules de chacun. Le Grand Veymont nous aura échappé, mais le temps passe et il faut deux jours et demi pour rentrer à la voiture. Nous n'avons pas assez de nourriture pour attendre un jour que le sommet se dégage.

Le midi, nous mangeons à la cabane forestière de Pré Grandu et partons ensuite vers le nord par la route forestière des Charbonnières. Gérard commence à sentir une douleur derrière son moignon et il ralentit un peu le pas pour éviter la blessure. Le mouvement de soulèvement de la jambe amplifié par le port des raquettes sur une neige molle provoque un glissement répété du moignon dans la prothèse. Avec les skis nordiques que nous aurons au Spitzberg, il ne devrait pas avoir ce problème.

Le ciel se dégage et au détour d'un virage, alors que nous nous entrainons à prendre quelques vidéos, nous apercevons au loin le Grand Veymont qui nous nargue. Nous nous arrêtons donc pour une petite séance photo.

Séances photos et vidéos

Il est samedi soir et nous posons la tente à côté de la cabane de Pré Rateau. Il fait un temps superbe et nous voyons lentement tomber un beau ciel étoilé. La nuit est fraiche. Le lendemain matin, nous levons le camp en deux heures malgré Alexandre qui a quelques soucis d'estomac (et oui, de nets progrès ont été faits! La technique? Préparer les thermos le soir pour le lendemain. Pourrons nous faire la même chose au Spitzberg par des températures autrement plus basses?).


Camp le dimanche matin. Nicolas a chaud!

Nous partons vers 9h et Alexandre ne se sent vraiment pas bien. Il n'a rien mangé car son état l'en dissuade. Malgré les médicaments, son état ne change pas et au bout de deux heures de marche, il n'en peut plus. Nous avons alors le choix de redescendre sur Saint-Agen en Vercors par une route forestière ou de continuer sur le plateau. Avec la pluie qui est tombée sur le plateau deux jours plus tôt, nous ne sommes pas sûr que les chemins jusqu'à Corrençon sont praticables. Nous décidons donc de prendre le dernier échappatoire possible et d'écourter ainsi notre entraînement d'un jour. Motivant notre choix, nous avons le sentiment d'avoir tiré les principales leçons de cette semaine.

Nous descendons donc dans la vallée. A force de descendre, la neige devient de plus en plus rare. Dès que la route devient impraticable à ski, le groupe se sépare. Fabien et Nicolas descendent à pied au village pour aller en stop récupérer la voiture pendant qu'Alexandre et Gérard se reposent et restent garder les pulkas.


La fin de notre aventure...

Trois heures plus tard, grâce à un gentil habitant de Saint-Agen, Fabien et Nicolas reviennent avec la voiture pour tout charger et retour sur Lyon dans la foulée. Ainsi se sont achevés ces quelques jours d'entraînement. Prochaine étape, le Spitzberg!

Visionnez la video de cette sortie dans le Vercors :


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